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Boris, pensionnaire

Je suis arrivé chez les Frères franciscains de façon bien improvisée. J’ai envoyé un courriel et le jour suivant, on m’a invité à souper. Je cherchais un endroit où vivre ma foi sans retenue et pouvoir en parler sans gêne. J’ai d’abord vue une communauté organisée selon un modèle précis. J’ai eu un peu peur de ce qui s’y trouvait : plus d’une quinzaine de gars qui vivent ensemble, quelle affaire ! Comment faire pour garder l’harmonie là-dedans ? Pourtant, j’ai trouvé ici, des gens accueillants et généreux, des gens simples et humbles. La communauté strictement organisée s’était sous mes yeux transformée en une maison pleine de vie et de joie, où chacun vit également, pas à cause des lois, mais à cause du respect mutuel et de l’amour que cette vie fraternelle entraîne. Ici, même si on envie de rester seul dans son coin et de ne parler à personne, bien sûr on le peut, mais ça ne durera pas longtemps. Toujours on croisera un comparse prêt à nous souhaiter un chaleureux bonjour, nous proposer un café ou s’intéresser à notre journée. « Comment ça va ? Comment s’est passé ta journée ? Tu veux entendre l’histoire du petit chaperon rouge ? Wouahaha ! » Maintenant, je ne pense plus à mes nouveaux amis comme un groupe au sein duquel je dois m’intégrer, ou comme des gens bien différents de moi. C’est certain, rien n’est parfait ici-bas, mais j’ai trouvé ici, pas seulement des chrétiens, j’ai trouvé des frères, une seconde famille et une maison. Ce n’est pas grand-chose, la maison est modeste, mais c’est chez moi, c’est chez nous.

Boris