Eucharistie

Lumières et grâces de l’Eucharistie

Tous les textes fidèlement transcrits ci-dessous proviennent du livre « L’Eucharistie à l’école des saints » écrit par Nicolas Buttet (Éditions de l’Emmanuel, 2000).

Mère Teresa et l’adoration eucharistique

Mère Teresa a compris combien la dévotion eucharistique était au cœur de la vie nouvelle dans le Christ : « Il nous faut revenir à l’Eucharistie et à l’adoration. Notre règle ordonnait, jusqu’en 1973, une heure d’adoration par semaine devant le Saint Sacrement. À ce moment, à l’occasion d’un chapitre général, nous avons décidé, d’un commun accord, d’établir une heure d’adoration par jour. Nous avons beaucoup à faire, comme je l’ai déjà dit, vu que nos maisons pour les lépreux, les malades et les enfants abandonnés sont toujours au complet. Néanmoins nous maintenons fidèlement notre heure quotidienne d’adoration. Eh bien ! depuis que nous avons introduit cette modification dans notre emploi du temps, notre amour pour Jésus est devenu plus intime, plus éclairé. Notre amour réciproque est plus compréhensif, il règne entre nous une entente plus affectueuse, nous aimons davantage nos pauvres et, chose encore plus surprenante, le nombre des vocations a doublé chez nous. » (Pages 23-24).

Appels à tous les chrétiens

Paul VI et Jean-Paul II ont lancé ces appels aux chrétiens : « L’Église doit être un peuple de forts, un peuple de témoins courageux, un peuple qui sait souffrir pour sa foi et pour sa diffusion dans le monde, en silence, gratuitement, et toujours avec amour. […] C’est avec la vertu, la force, la souffrance, la patience, le sacrifice, la croix, qu’avec Lui et par Lui se construit l’Église du Christ. » (Paul VI). « Vous devrez devenir des croyants courageux, dotés d’une foi indestructible, constamment alimentée par une profonde vie intérieure, qui fasse resplendir aux yeux des hommes la lumière du Christ avec une intensité toujours plus grande. » (Jean-Paul II). (Page 208).

Témoignage bouleversant d’une enfant de 10 ans

« Un jour, au fin fond de la Chine, les gardes rouges rassemblèrent toute la communauté chrétienne dans l’église du village. Ils se mirent à saccager le tabernacle, jetant à terre, sous le regard épouvanté des chrétiens, le Corps du Christ. Ces faits se passaient il y a quelques années seulement et nous ont été rapportés par un missionnaire : il avait pu se réfugier dans une petite sacristie, d’où il n’était pas question de sortir à moins de provoquer la mort de tous ses frères chrétiens qui l’avaient caché là. Et c’est par une fente du mur que, complètement impuissant, il suivait ce qui se passait dans l’église. Un soir, le prêtre fut surpris par un bruit dans l’église. Par la fente du mur, il aperçut Li, une fillette de dix ans qu’il avait eue au catéchisme. Malgré l’interdiction formelle des gardes rouges de revenir à l’église, Li s’était glissée discrètement jusque-là. Elle s’agenouilla, et communia en léchant le sol de sa langue et prenant ainsi une Hostie qui se trouvait par terre. Mais comme on lui avait appris qu’il ne fallait pas prendre plus d’une Hostie à la fois, elle n’en consomma qu’une ce soir-là. Et chaque jour, au risque de sa vie, elle revint pour communier de la même manière, afin de recevoir son Bien-Aimé. Mais un milicien l’avait remarquée. Il la suivit jusque dans l’église et, lorsqu’elle s’agenouilla, il lui tira une balle dans le dos… au moment même où elle s’apprêtait à consommer la dernière Hostie. Li eut juste le temps, dans un dernier mouvement, d’avaler le Corps du Christ. Puis elle s’écroula avec son Seigneur. » (Page 208).

Dieu nous invite à venir à Lui

Notre cœur est assoiffé de cette vraie vie que Dieu seul peut donner. C’est à l’Eucharistie que notre âme reçoit cette vie divine comme une source apaisante et intarissable. […] Il est vrai que l’Eucharistie est si peu connue, que la Source même de la vie reste cachée. Dieu se plaignait déjà à Jérémie : « Ils m’ont abandonné, moi la source d’eau vive, pour se creuser des citernes lézardées qui ne tiennent pas l’eau » (Jr 2,13). C’est pourquoi, tant et tant de personnes ont de la peine à trouver la Source ou se dirigent vers des eaux frelatées. Pourtant, la soif est grande. Elle se manifeste par tant de recherches désespérées dans les drogues et autres toxicomanies, les sports extrêmes, les divertissements constants. Il semble bien qu’aujourd’hui se réalise cette prophétie d’Amos : « Voici venir des jours – oracle de Yahvé – où j’enverrai la faim dans le pays, non pas une faim de pain, non pas une soif d’eau, mais d’entendre la parole de Yahvé. On ira titubant d’une mer à l’autre mer, du nord au levant, on errera pour chercher la parole de Yahvé et on ne la trouvera pas ! » (Am 8,11-12). Certaines traductions nous donnent « Faim et soif du Verbe de Dieu », c’est-à-dire de Jésus Lui-même. Faim et soif de l’Eucharistie. Un monde qui titube, allant d’une mer à l’autre, d’un leurre à un autre, d’un succédané à un autre. Mais la soif demeure, ardente, brûlante, dévorante. Et Dieu nous invite à venir à Lui. (Pages 299-300).

Jésus est le « Soleil de justice »

L’image du Soleil s’applique admirablement à l’Eucharistie parce que l’Hostie, c’est Jésus, l’Agneau de Dieu, l’Astre d’en haut. On peut dire aussi que l’Eucharistie est comparée au soleil, car la forme de l’Hostie, depuis des siècles, rappelle celle de l’astre du ciel. Enfin, l’Eucharistie illumine l’âme, elle réchauffe le cœur, elle éclaire les consciences, elle permet la croissance de tout l’être vers Dieu. Illuminer, réchauffer, éclairer… tant d’effets que le soleil produit sur les créatures. Finalement, le texte qui annonce de la manière la plus claire le Soleil eucharistique nous est donné par le prophète Malachie : « Pour vous qui craignez son nom, le Soleil de justice brillera, portant la guérison dans ses rayons » (Ml 3,20). Ses rayons jaillissent des ouvertures de ses plaies : « En fait, ce sont nos souffrances qu’Il a portées, ce sont nos douleurs qu’Il a supportées […] et dans ses blessures, nous trouvons la guérison » (Is 53,4-5). (Page 308).

Jésus veut nous guérir

Jésus le dit clairement à Sainte Gertrude d’Helfta : « Là, dans l’Eucharistie, dans la généreuse bonté de mon Cœur, je guéris les blessures de tous les hommes, je procure le soulagement aux pécheurs, j’enrichis la pauvreté par le don des vertus, et je console chacun dans ses épreuves. » Nous sommes appelés à être greffés sur le Christ (cf. Rm 11,23 sv.). Or pour que cette greffe puisse permettre à la sève de passer, à la vie de circuler entre le porte-greffe et le greffon, il faut qu’il n’y ait aucun espace. Nous devons donc appliquer nos blessures sur celles du Christ pour en recevoir la vie. Que nos blessures soient collées aux siennes afin que nous soyons irrigués. Si les blessures du Christ sont le lieu de notre guérison, nos propres blessures seront l’endroit par où les rayons jaillissant des blessures de l’Agneau vont pouvoir entrer en nous et opérer le miracle de la guérison. (Page 308).

Avec Marie

L’importance croissante de Marie en ce temps de l’histoire du monde, le rôle particulier qu’elle joue dans nombre de conversions, va de pair avec le renouvellement de la dévotion eucharistique. Marie nous conduit à l’Eucharistie. Il est frappant de constater qu’à Lourdes, là où Marie est apparue à Bernadette, ce qui reste de cette grâce, c’est le miracle eucharistique. On demande 250’000 messes chaque année ! Les églises se multiplient sans compter l’adoration eucharistique et les processions du Saint Sacrement. De plus en plus de miracles sont liés à la double présence de Marie et de l’Eucharistie.
Un enfant sur chaise roulante, handicapé de naissance, se trouvait à Lourdes espérant être guéri au cours de la procession du Saint Sacrement. Au moment où le prêtre passe devant lui portant l’ostensoir avec le Christ, l’enfant n’attend que le moment de quitter enfin sa chaise et de pouvoir gambader comme les autres enfants de son âge. Mais rien ne se passe. L’Enfant ne cache pas sa déception puis se ressaisit et s’écrie : « Jésus, puisque c’est comme ça, eh bien j’irai tout dire à ta Mère ». Il se précipite alors devant la grotte avec sa chaise roulante. C’est là qu’il fut guéri ! (Page 335).

Revenir à Jésus dans son Eucharistie

L’Eucharistie est aussi la Source où les chrétiens puiseront la force pour être « les intrépides apôtres du prochain millénaire » (Jean-Paul II). Déjà au siècle passé, Pierre-Julien Eymard avait compris l’urgence d’un renouveau du culte eucharistique dans cette humanité qui s’éloigne toujours plus de Dieu : « Le culte de l’exposition du très saint Sacrement est le besoin de notre temps; il faut cette proclamation publique de la foi des peuples en la divinité de Jésus-Christ et en la vérité de sa Présence sacramentelle. […] Ce culte est nécessaire pour sauver la société. La société se meurt parce qu’elle n’a plus de centre de vérité et de charité, mais elle renaîtra pleine de vigueur quand tous ses membres viendront se réunir autour de Jésus dans l’Eucharistie… Remontez à la Source, à Jésus. Surtout à Jésus dans son Eucharistie. Il faut le faire sortir de sa retraite pour qu’Il se mette à nouveau à la tête des sociétés chrétiennes qu’Il dirigera et sauvera. Il faut Lui construire un palais, un trône royal, une cour de fidèles serviteurs, une famille d’amis, un peuple d’adorateurs. Qu’on le sache bien, une civilisation grandit ou décroît en fonction de son culte pour la divine Eucharistie. C’est là la vie et la mesure de sa foi, de sa charité et de sa vertu. Qu’il arrive donc ce règne de l’Eucharistie ! Assez longtemps l’impiété et l’ingratitude ont régné sur la terre. Que ton règne vienne ! » […]
« Mon règne dans les cœurs, dit Jésus à Marie-Benoîte Angot, c’est le règne de l’Eucharistie… Je veux des âmes eucharistiques, c’est-à-dire des âmes d’adoration sur la terre… Je voudrais que l’amour de mon Eucharistie soit si grand, que les âmes d’adoration projettent, tout autour de leur maison, ma lumière immaculée afin que cette lumière atteigne les âmes, beaucoup d’âmes. » (Page 356).