Sandwich sans nom

Dans l’esprit de Saint François d’Assise !

Sandwich sans nom

Bénévolat auprès des personnes sans-abris de Montréal. Nous préparons la nourriture ensemble et nous partons en petits groupes dans les rues de Montréal pour la partager aux personnes sans-abris.

RENDEZ-VOUS à 18h00 au 4240 rue DROLET le TROISIÈME lundi de chaque mois (à 500 mètres du Métro MONT-ROYAL).


Témoignage d’une membre séculière de la Fraternité

Depuis plusieurs mois, le groupe Sandwich Sans Nom s’est donné la mission d’aller à la rencontre des plus pauvres dans les rues de Montréal, afin de leur apporter nourriture et réconfort. À l’origine de ce groupe, il y a Jennifer Viger, une jeune femme qui est imprégnée de spiritualité franciscaine et qui fréquente fidèlement les activités de la Jeunesse Franciscaine depuis quelques années. « … »

(Entrevue réalisée par Jean-Sébastien Lajoie et diffusée avec sa permission).

Jennifer, peux‐tu nous dire quand et comment tu as découvert saint François d’Assise ?

J’ai d’abord découvert et mieux compris saint François petit à petit, à force de fréquenter les Franciscains de l’Emmanuel, à partir de 2013. J’ai été éclairée par leur façon d’être et de vivre, leur miséricorde, leur écoute, leur amour, leur accueil, leur sérénité, leur simplicité, leur joie, leur radicalité et leur façon d’éduquer dans la foi. Ensuite, il y a les quatre Fête des Tentes que j’ai vécues et qui m’ont mis des balises, qui ont clarifié des points précis (même chose pour d’autres rassemblements de la Jeunesse Franciscaine auxquels j’ai participé). Enfin, les livres franciscains de sœur Pacelli (Clarisse) m’ont émerveillée et transformée. « …. » Mais les racines d’amitié et le contact durable ne se sont pas faits là, mais plus tard. J’étais chez moi à Laval, quand j’ai reçu un courriel de la Jeunesse Franciscaine qui m’invitait au Samedi des Jeunes des Franciscains de l’Emmanuel. L’activité avait lieu le soir même. Je devais décider si j’allais y aller ou non. Je ne connaissais pas ça et en plus Montréal c’est grand et je n’y allais jamais seule. L’autobus passait dans quelques minutes. Je me suis dit « Bon, courage ! Un pas de foi ! » C’était vraiment une grâce parce que je ne faisais jamais ça à cette époque (aller toute seule dans un lieu inconnu). Rendue dans le métro, je rencontre par hasard Jean-Sébastien (c’est lui qui m’avait envoyé le message). Il a eu la gentillesse de me guider jusqu’à la porte. Après ça, j’y suis toujours retournée. J’avais été touchée par la charité des Frères, leur accueil, leur gentillesse, la vérité et le zèle dans leur foi. Ça me prenait 1 h 15 aller-retour, et malgré ça, je n’en manquais pas une.

Quelles sont les activités et rencontres franciscaines auxquelles tu as participé ?

Je vais à la Fête des Tentes depuis 2015. Le thème de cette année-là portait sur sainte Claire d’Assise. Il y a deux ans, j’ai même fait partie du comité organisateur. J’ai participé à la première édition de la Sortie Rando en 2017, aux trois premières éditions de la Sortie Raquette et aux deux Noël de Greccio à Montréal. J’ai aussi participé aux Soirées de la Portioncule avec frère Joachim et sœur Maria. Chez les Franciscains de l’Emmanuel, je vais aux Samedi des Jeunes, aux cours de Bible, aux soupers de Noël où l’on mange avec les pauvres et au réveillon du 31 janvier. Quelle belle simplicité ! Depuis octobre 2019, je suis en formation comme membre séculière et j’assiste à toutes les rencontres. J’ai été présente à plusieurs des conférences données par Guylain Prince à la Bande FM. Je suis souvent allée chez les Clarisses de Valleyfield (c’est le père Alain Mongeau qui m’avait conseillé d’y aller). Chez elles, j’ai trouvé des trésors : de beaux moments, des rencontres, l’aspect féminin, la légèreté du cœur, le sens de la pauvreté dans la spiritualité, les conseils de sœur Suzanne (se faire présent à la présence), de belles discussions et les livres de sœur Pacelli. J’ai aussi visité des amis à l’ermitage Saint-Antoine. Quel accueil ! À ma fête, j’ai fait une retraite à Rougemont. À ce moment, j’étais en discernement à savoir si j’allais à Rougemont ou chez les Clarisses. Finalement, j’ai attrapé le gros lot parce qu’une fois rendu chez les moines, à ma grande surprise, les Clarisses haïtiennes et québécoises passaient une semaine là-bas. La Providence est surprenante ! J’ai pu dîner et souper avec elles, mieux les connaître et rire…

Qu’est‐ce qui t’attire le plus dans la spiritualité franciscaine ?

Au début c’était la simplicité (surtout dans les relations). L’accueil, la légèreté, les rires, l’authenticité. De bonnes et vraies relations dans la joie ! La fraternité peut être un trésor qui reflète le visage de Dieu. Ce n’est pas juste des idées qui restent comme des nuages dans notre tête, mais des gestes concrets et des cœurs débordants de charité. Plus tard, ça a été la pauvreté. Vivre des situations de pauvreté où se cache le visage de Dieu. Quand tu es dans la grâce, ces situations deviennent confiance, charité pour les autres, approfondissement de la foi et émerveillement. Un lieu mystérieux où tu découvres que tu es un enfant de Dieu infiniment aimé. Sans ça, c’est une misère noire. Les itinérants sont souvent plus croyants que ceux qui vivent aisément. Trouver les franciscains ça a été de trouver mon identité spirituelle. Je me sens dans mon élément, comme un poisson dans l’eau ! Moi, ça passe par les pieds et non par la tête. Faire des acrobaties de réflexions dans la tête c’est bien, mais ce n’est pas pour moi. Les pieds c’est des actes, c’est vivre l’Évangile et faire des expériences de cœur. Bref, cette spiritualité est simple, radicale, faite d’expériences et de relations. C’est pour moi une plénitude que je respire.

Parlons un peu de Sandwich Sans Nom. C’est bien toi qui a initié ce projet ? Raconte‐moi comment tout ça a débuté.

En 2018, après une messe, je parlais avec une dame médecin appelée Adelaïde. À un moment donné elle m’a demandé si j’aimais ça faire du jardinage. Je lui ai alors répondu que oui, mais que mon jardin à moi, c’était plutôt les pauvres. À travers cette discussion est né le projet de s’entraider pour faire une distribution de boîtes à lunch dans les rues. On avait chacune fait l’expérience de ce genre de projet dans d’autres organismes. On est allées rencontrer l’équipe de la soupe populaire de l’église Saint-Jean-Baptiste, on a fait des démarches auprès de marchands et de la Saint-Vincent-de-Paul pour des dons, et on a fait de la publicité sur WhatsApp. On a choisi de nommer le groupe « Sans Nom », car les sans-abris sont des personnes oubliées, tout comme leur nom aussi. Ils sont ignorés et leur dignité est écrasée. Ils sont des visages anonymes que nous sommes appelés à aimer. Un peu plus tard un membre important s’est ajouté : Félix. Il a apporté un souffle nouveau et essentiel à la survie de notre initiative. Et aussi, mes frères Franciscains de l’Emmanuel se sont ajoutés pour participer. Je voudrais remercier la Sainte Providence qui nous accompagne sans relâche depuis le début de cette mission. Merci aussi à tous les bénévoles qui sont passés et qui sont le vrai corps du Christ en marche, vivant et miséricordieux. Leur cœur débordant d’amour est un feu qui réchauffe les rues froides. C’est ensemble que nous pouvons faire la différence. Ensemble, nous pouvons aller plus loin que tout seul.

Jennifer Viger


Les Franciscains de l’Emmanuel

2111 rue du Centre
Montréal, Qc, H3K 1J5

Métro : Charlevoix
Téléphone : 514-762-4049
franciscains.emmanuel@gmail.com